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Pensées philosophiques

 
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Swann
Bras-droit

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Inscrit le: 31 Jan 2010
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Localisation: Là ou y a d'la feuillerêve.

MessagePosté le: Ven 12 Fév - 11:31 (2010)    Sujet du message: Pensées philosophiques Répondre en citant

(Il s'agit là d'un dialogue entre deux opinions, dans la tête de Swann. )

Je comprendrai jamais les hommes…

Swann regardait le crépuscule tomber sur la Baie par la fenêtre ouverte de sa chambre, allongée sur son lit toute habillée. Une main sous sa tête, l'autre manipulant sa cigarette de feuillerêve qu'elle fumait sans grande conviction, elle pensait. Le calme était finalement revenu sur les docks de la ville, après la soirée tumultueuse d'aujourd'hui. La jeune fille s'était vite planquée dans sa chambre, ne prenant pas la peine d'allumer une chandelle, ouvrant juste la fenêtre pour laisser passer un rayon de lune. La pénombre l'aidait à penser, aussi bien lorsqu'elle volait des bourses que lorsqu'elle s'interrogeait sur des choses plus sérieuses. Comme ce soir.

Je comprendrai jamais les femmes, non plus…
Quel merdier.


Swann tira une longue bouffée de sa cigarette, regardant le bout de ciel noir piqueté d'étoiles que laissait voir la fenêtre ouverte.

"J'prends des vacances. Dites à Rufus de tenir la boutique."
Qu'est c'que ça veut dire, ça ?…
- Ca veut dire c'que ça veut dire, pauv' tanche. Tu l'as dans l'os.
- Peuh.
- C'est tout c'que ça t'fait ? La p'tite affaire est en train d'partir en eau d'boudin, et toi tu dis "Peuh"?
- Qu'est c'que tu veux que j'dise d'aut' ? Qu'c'est bête que l'commerce soit foutu en l'air à cause d'une histoire de cul qu'a mal tourné ?
- C'est d'ton boss qu'on parle.
- Et alors. Boss ou pas, y reste un homme.
- J'te signale que c'est quand même d'ta faute, c'qui arrive.
- Quoi ?! D'ma faute ?! Dis donc, ça l'aurait tué d'm'envoyer bouler s'il avait l'fusil d'sa chienne d'garde sur la tempe si y f'sait un pas d'côté ?! Nan, j'crois pas.
- Tu t'doutais un peu de c'qui s'passait, avoue.
- Quand l'aut' m'as pris à part pour m'faire passer un interrogatoire qui r'ssemblait à "Tu poses une main sur ses miches j'te plombe", j'me suis dit qu'ça sentait l'roussi, ouais.
- Pourquoi t'as menti, alors ?
- C'que j'fais d'mon cul, ça la r'garde pas. Si elle avait d'vues sur l'boss, elle avait qu'à lui tatouer son nom su'l'front.
- Fais pas ta trollesse.
- Tu m'saoûle.


Swann tira une longue bouffée, les yeux rivés sur le plafond.

J'comprendrai jamais les hommes.
- Tu l'as d'jà dit.
- T'façon, ça pouvait qu'finir mal, avec une grognasse pareille.
- Ah ouais ?
- Pourquoi l's'hommes s'amourachent t'jours d'celles qui peuvent leur rapporter l'plus d'emmerdes ?
- Parce qu'ils aiment s'faire t'nir par les couilles, c'plus fort qu'eux.
- Ouais bah celle là, tôt ou tard elle aurait fini par en faire d'la compote de c'rises.
- Tu s'rais pas jalouse ?
- D'elle ? Nan. Elle s'est pas fait le bon type au bon moment. J'pense pas qu'le boss soit fait pour s'contenter d'une seule femme. Elle m'avait l'air méchamment jalouse.
- Tu d'vrais au moins aller voir si l'boss va bien.
- Et tu crois qu'il f'rait quoi ?
- Bah…
- C'est quitte ou double. Soit j'me fais virer à coup d'savates dans la gueule, c'qui risque de pas m'plaire et boss ou pas, j'm'énerve, soit … Bah rien en fait, j'suis sûre que ça s'pass'ra comme ça.
- Tu l'connais pas.
- J'connais l'caractère des hommes. Quand une nana qui a réussit à les t'nir par les couilles les envoie gentiment s'faire foutre, y sont blessés dans leur orgueil. Et t'as l'mecs super furax, soit l'tapettes qui pleurent toutes l'larmes d'leurs corps. Et excuse moi, mais s'faire gueuler d'ssus alors qu'il a à peine passé l'porte m'laisse penser qu'il fait partie d'la première partie.


Swann fit un rond de fumée sombre, avant de soupirer bruyamment.

Quel merdier…
- Tu l'as d'jà dit.
- P'tain, j'espère qu'elle baisait bien au moins pour qu'ça s'termine aussi mal.
- T'aim'rais bien l'savoir, avoue.
- Quand même ouais. Putain, il avait presque toutes l'nanas à ses pieds, et bah nan. Faut qui s'choisisse la plus tarée d'toute.
- L'goûts et l'couleurs, tout ça.
- S'tu l'dis…Et si Rufus r'prend la boutique, ça va pas m'plaire.
- T'en sais rien, p'têt qu'il est doué.
- C'pas ça l'problème. Ca va êt' vachement moins drôle 'vec lui. Déjà qu'il m'énerve. Y peut t'jours courir pour que j'l'appelle "Boss". Et puis il a pas intérêt à m'prend' de haut, s'non…
- Sinon quoi ?
- S'non j'l'étal'rai.
- Pour t'faire virer ?
- Bah. Ma confiance est d'jà ébranlée, 'lors.
- Qu'est c'que tu veux dire ?
- Fout' la boutique dans l'merde à cause d'une histoire de cul du boss, désolée, mais moi ça m'refroidit. J'pensais l'boss plus professionnel qu'ça.
- L'fait qu'il s'tape d's'employées t'dérangeait pas, au début.
- Parce que j'pensais qu'on était toutes pareilles. L'cul, ça reste rien qu'du cul. Faut faire la différence ent' une partie d'jambes en l'air juste pour l'cul, et une partie d'jambes en l'air 'lors qu'y a un intérêt romantique ailleurs. Il a joué avec l'feu, et il s'est brûlé. J'suis déçue. Même mon vieux avait plus d'tact que ça.
- Bah, t'l'aime bien l'boss, au fond.
- Ouais. Mais n'empêche que j'suis déçue.
- Et tu vas faire quoi, alors ?
- Comment ça, j'vais faire quoi ?
- Parce que tu crois pas qu'ça va pas t'retomber su'l'coin d'la gueule, cette histoire ?
- J'ai rien à m'reprocher.
- Rien à t'reprocher ? Tu t'es vue lui faire du gringue ?
- T'es bouchée, ou quoi ? C'est c'que j't'ai dit y a même pas deux minutes. Si y c'était passé quoi qu'ce soit avec l'boss, ç'aurait été pur'ment du cul. Rien d'aut'. Et crois pas qu'j'suis pas énervée. J'ai failli m'prend' un plomb dans les miches à cause d'ses histoires avec sa chienne d'garde. Alors si y compte me mett' tout l'bordel su'l'dos, j'vais pas réfléchir à deux fois, moi aussi j'l'envoie s'faire fout'.
- Et ta feuillerêve ? Tu vas aller la cueillir toi-même ?
- Y a d'aut' poissons dans l'océan.
- Tu vas pas t'casser. T'as pas envie qu'le boss prenne des vacances, t'as pas envie d'l'envoyer s'faire fout', t'as pas envie d'partir. Point. Alors tout c'que tu dis, c'est du flan.
- … Tu m'saoûle.


Swann soupira de frustration. Ses pensées étaient une sorte de gros fouillis. Empêtrée dans ses principes de fille de la Baie et ce qu'elle pensait vraiment, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait faire. Partir ? Rester ? Prendre des vacances elle aussi, le temps que ça se tasse ?

Ou l'temps qu'y récupère sa grognasse ?…

"N'importe quoi. Ses histoires de cul ambigües, c'pas mes oignons…"

Et elle tournait en rond.

"Putain d'bordel d'merde !"

La jeune fille jeta son mégot par la fenêtre d'un geste rageur, pour immédiatement saisir une cigarette neuve et son briquet. Prendre l'air. Elle avait besoin de faire le vide. Elle sortit de sa chambrette, cigarette à la bouche, embrumée dans la feuillerêve, et ses pensées contradictoires pour seules compagnes.
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"J'en ai rien à foutre de ce que les gens pensent. Si tu commences à faire gaffe à l'opinion des autres, tu te fais bouffer. " -Sloane


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MessagePosté le: Ven 12 Fév - 11:31 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Swann
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MessagePosté le: Dim 21 Fév - 22:01 (2010)    Sujet du message: Pensées philosophiques Répondre en citant

Swann attendit que la jeune serveuse ferme la porte avant de se mettre complètement à l’aise. Elle déposa son sac de cuir et son manteau trempé sur la seule table de la chambre qu’elle avait loué pour la semaine. Elle était douillette et assez spacieuse, et semblait propre. La jeune fille passa une main dans ses cheveux humides et sales.  Elle n’avait plus pris soin d’elle depuis deux jours.
Deux jours qu’elle avait quitté la Baie avec précipitation, en ne prenant que ses quelques vêtements, ses armes, sa bourse et une lettre de Ravenholdt qu’elle avait reçu il y a une ou deux semaines.
Swann prit une cigarette de feuillerêve roulée, sortit son briquet gobelin de son gilet de cuir et l’alluma, allant s’asseoir à la fenêtre. Une pluie torrentielle battait les marais des Paluns et le petit port de Menethil, tant et si bien qu’une couche de buée recouvrait la vitre.

Qu’est c’que tu fous là, ma fille ?...

Swann tira une longue bouffée de feuillerêve, la mâchoire crispée.

C’est pas chez toi, là. Regarde moi ce temps de merde. Jamais y aurait ça à la Baie.

Les ecchymoses sur son visage étaient encore un peu douloureuses, comme le point sur son ventre, juste sous ses côtes.

R’tournes-y et pète lui la gueule, comme tu l’aurais toujours fait. T’as été trop douce avec lui.

Elle secoua la tête, recrachant la fumée d’une couleur violet sombre.

J’préfère attendre qu’les choses s’tassent. Pour l’bien d’la famille.
- La belle excuse. Il t’as pris pour un sac de sable à taper, r’tournes y et fait lui bouffer ses dents. Tu l’as d’jà envoyé au tapis deux fois, ça d’vrait pas êt’ si difficile, nan ?
- J’y r’tourn’rai pas, j’te dis.
- J’te r’connais pas. T’as changé.
- Il vaut même pas la peine que j’le tape. Sans accorder sa confiance à qui qu’ce soit, y crèv’ra vite à la Baie. Quand tu sais pas t’entourer d’personnes en qui tu crois, t’es un homme mort. Et pis Zeick s’en charg’ra bien.
- Zeick ? Tiens donc.


Swann prit sa tête entre ses mains. Zeick. Depuis quelques jours, elle n’avait plus que son nom aux lèvres, son visage devant ses yeux et sa peau sous ses mains. Elle cacha sa tête entre ses bras.

Qu’est c’qui va pas chez moi…
- Tu veux que j’te dise ? T’es tombée dans l’panneau, voilà c’qui va pas chez toi.
- …
- Tu t’es foutue de la gueule d’Allegria, mais t’as fait la même erreur qu’elle. Tu vaux pas mieux qu’elle.
- C’est faux…
- Arrête de t’voiler la face. Il a réussi à t’attirer dans sa piaule et hop, tu craques comme une putain d’bergère. Il t’aura faite cocu avant qu’t’aie eu l’temps d’dire ouf.
- Ta gueule…
- Ah ouais, t’as craqué comme une putain d’bergère avant même qu’il te baise. C’encore pire !
- Ta gueule…
- J’y crois pas… Et bah vas y, cours, qu’est c’que tu veux que j’dise.


La jeune fille chassa ses idées noires d’un coup de tête.  Elle avait besoin d’avoir les idées claires. Sa rencontre avec Isilthor au hasard des rues de Menethil lui avait une occasion de sortir Zeick de sa tête. Un braquage de convoi… L’occasion de mettre ses compétences de cambrioleuses à l’épreuve, et aussi l’occasion de s’en mettre plein les poches. Et si ça tournait mal… Elle se fera pourchasser par la Sénéchaussée de Lordaeron et la Maison Bayle, au mieux. Au pire, elle meurt dans la tentative de braquage.

Rentre à la maison, soit pas conne… Rosser Rufus s’ra moins dur et plus jouissif que ça.
- Ferme ta grande gueule pour de bon.


Swann jeta le mégot de sa cigarette par la fenêtre, puis reprit sa rêverie, à regarder la pluie tomber sur le marais. Elle attendrait une semaine les instructions d’Isilthor, et si elle n’a pas de nouvelle d’ici là, elle continuerait sa route jusqu’à Ravenholdt. Elle reprit la lettre, chiffonnée et déchirée par endroit, tellement elle l’avait lue et relue. Elle la connaissait même par cœur.

« Mademoiselle,

Le duc de Ravenholdt a eu l’honneur de vous connaître il y a quelques mois, et a été content du travail fourni par vos lames assurés et vos mains agiles, pour vider les poches du Syndicat. Nous aurions encore une fois besoin de vous. En échange, nous vous permettrons d’améliorer vos compétences naturelles dans le domaine du vol à plus grande échelle. Le Duc n’a aucun doute que vous vous montrerez à la hauteur. Rejoignez-nous au plus tôt au manoir. Pas la peine d’envoyer de réponse. »

Swann avait toujours eu une sorte de don pour voler à la tire. Et elle aimait ça. Elle aimait le moment où elle ouvrait le coffret, ou la bourse, pour y trouver quelques fois un trésor. L’argent avait tellement plus de valeur à ses yeux quand elle l’avait arraché à une autre personne. La jeune fille aimait par-dessus tout le moment où elle le dépensait… Pour une babiole. C’était tellement ironique. Surtout lorsqu’elle volait l’argent des touristes gonflés par leur luxe et leur suffisance.

Vous voulez connaître la valeur d’l’argent… Et bah v’là ! Dans l’cul, bourges d’mes deux ! 

La jeune femme rangea la lettre cachetée de Ravenholdt dans la poche intérieure de son gilet de cuir. Elle soupira. Le visage de Zeick revint devant ses yeux, qu’elle chassa de nouveau, sans grande conviction. Elle se sentait faible, vulnérable. C’était donc ça, la sensation d’avoir une faille ? Elle ne savait plus où elle en était. Et Odëssa qui allait avoir un bébé… Elle serait bien moins présente pour la conseiller, l’aider… Swann hésitait à lui envoyer une lettre.

Nan… J’m’en sortirai toute seule…

Elle soupira de lassitude, puis se laissa tomber toute habillée sur son lit, enfouissant sa tête dans les oreillers de plumes, avant de tomber dans un profond sommeil.
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Swann
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MessagePosté le: Sam 1 Mai - 10:52 (2010)    Sujet du message: Pensées philosophiques Répondre en citant

Swann était entre ciel et terre. Là, dans cette pièce aux lumières tamisées, dans ce lit, ce cocon, qui l’enveloppait elle et lui. Ils étaient allongés, le corps fourbu, savourant un temps mort délicieux. Elle le regardait. Il était si beau dans ce moment là, en particulier. Sa main vagabonda sur son visage, sa peau légèrement moite de sueur. Il lui souriait. Il semblait comblé. Les doigts de la jeune fille passa entre ses cheveux, d’un noir de jais. Jamais elle ne pourrait se lasser de lui, elle le sentait. La façon dont il la regardait suffisait à faire accélérer les battements de son cœur, lui faire sentir qu’elle était prête à tout pour lui. Sa main et ses doigts commencèrent à errer sur son corps qu’elle connaissait bien, tandis que leurs lèvres se joignirent pour la n-ième fois. Elle ferma les yeux. Si seulement le temps pouvait s’arrêter…
Sa rêverie fut interrompue lorsqu’elle sentit quelque chose sous ses doigts. Une odeur métallique. Elle leva sa main devant son visage. Ses doigts étaient couverts de sang. Chaud, odorant.

« Swann… »

Elle l’avait entendu murmurer, mais elle n’avait pas reconnu sa voix. Lointaine, rauque, comme venant d’outre-tombe. La main de l’homme sur son corps était devenue glaciale tandis qu’elle fixait sa propre main ensanglantée, comme figée. Elle tourna son regard vers son visage. Il était couvert de sang, défiguré, méconnaissable. La jeune fille ouvrit les yeux.

La jeune fille ouvrit les yeux. La respiration saccadée, il lui fallu quelques minutes pour sortir de ce rêve. Elle voyait encore son visage… Le sang qui souillait les draps, les oreillers, elle. Son odeur métallique qui se mélangeait à celles de leurs ébats. Swann cligna des yeux. Elle était sous une tente, il faisait encore nuit noire. Un bras puissant entourait sa taille. Elle tourna la tête, pour voir Zeick dormir, son torse lové contre son dos. Il ronflait légèrement.
La jeune fille se rallongea, mais elle ne put fermer les yeux. Ce visage éclaté revenait sans cesse devant ses yeux. Elle fixa la toile de tente, dans la nuit noire.
Son cauchemar avait changé. Depuis la mort de Zeick, elle revoyait le Syndicat l’assassiner, près de l’étang, exactement comme ça s’était passé deux semaines plus tôt. Cette nuit, elle l’avait vu vivant, puis mort… Qu’est-ce que ça voulait bien dire ?

J’ai pas envie d’le perdre encore…

Le sens de ce cauchemar lui sembla alors clair comme de l’eau de roche. Maintenant qu’il était revenu, elle ne sait comment, elle ne voulait pas le perdre encore. C’était lui. Elle en était convaincue.

Mais si je me trompais ? Ody en est sûre …

Swann secoua la tête. Le temps qu’elle avait passé avec Zeick depuis son retour n’avait pas été une preuve suffisante ? Plus elle restait avec lui, plus sa foi était forte. C’était lui. Ce DEVAIT être lui.
Si elle n’essayait pas de lui rendre sa mémoire, elle s’en voudrait toute sa vie.

J’ai b’soin d’une clope… Et d’air…

Swann s’écarta tout doucement de l’homme allongé, passa ses vêtements et sortit de la tente. Le ciel de Nagrand était magnifique la nuit, strié de ce qui lui semblait être de la poussière d’étoile. Ils s’étaient établi sur un des nombreux îlots qui flottaient dans le ciel au dessus de la contrée verdoyante. Ici, ils seraient en paix, et personne ne viendrait essayer de tuer Zeick.
La jeune fille alla s’appuyer contre le tronc de l’arbre à côté de la tente, et s’alluma une cigarette, commençant à fumer en regardant le ciel.
Les mots de son amie résonnaient encore dans sa tête.

« Preuve de quoi, bordel ?! Zeick est mort ! Tu comprends ?! MORT ! Il ne reviendra pas ! »

Elle soupira. Elle savait que c’était de la pure folie. Une résurrection après si longtemps… C’était impossible, inespéré. Mais elle savait que c’était lui. C’étaient ses mains, sa peau, ses réactions étaient celles de Zeick. Elles n’étaient pas identiques, comme lorsqu’on se force à imiter. Elles sortaient naturellement, lorsqu’il se laissait aller. C’étaient ses réactions. Et il se souvenait de choses qu’ils avaient connu eux deux, et seulement eux deux.
Zeick était quelques peu… Diminué, c’était vrai. Il était devenu une sorte d’homme enfant. Elle devait toujours garder un œil sur lui, car il lui semblait que tout était une menace. C’était épuisant. Mais lorsqu’ils étaient à nouveau seuls, elle le reconnaissait un peu plus.

C’est lui. J’suis sûre de ça.

De toute façon, il ne lui restait plus qu’elle. Ody ne voulait même pas le regarder ni lui parler, Lou ne croyait pas qu’il puisse revenir, et Carah, qui avait été la seule à le reconnaître avec elle, avait abandonné la veille.

« Il semble plus intéressé par ton cul qu’intéressé par moi. Comme avant. »

Swann serra les dents. La sœur de Zeick lui avait tourné le dos et était partie. Il ne lui restait plus qu’elle. Elle ne pouvait pas l’abandonner. Elle ne voulait pas l’abandonner.
La jeune fille se redressa, jetant son mégot à ses pieds. Le ciel de Nagrand était si beau.

Zeick… Si j’me trompe… Pardonne moi. J’t’aime…

La jeune fille n’était pas spécialement superstitieuse, mais si elle se trompait et que cet homme n’était qu’un sosie… Swann secoua la tête.

Qu’est c’que j’raconte moi… C’pas un sosie. C’est lui. Si j’me mets à douter moi, qu’est c’qu’il va croire ?

Une nouvelle détermination était née dans le cœur de la jeune femme. Elle allait prouver que cet homme, dans la tente, était bien Zeick. Et tant pis si elle devait se mettre le monde entier à dos.

Ody a toujours raison, d’habitude. Mais là, j’veux lui montrer qu’pour une fois c’est elle qu’a tort.

Swann prit une grande inspiration. L’épuisement des derniers jours semblait s’être volatilisé dans une force nouvelle. Elle était sûre d’elle à nouveau. De nouveau en paix avec elle-même, elle entra dans la tente pour terminer sa nuit, sans être hantée par la mort de Zeick, cette fois.
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