Premier Cercle Index du Forum Premier Cercle
Bienvenue à la ville basse de Shattrath.
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Du sang et des dentelles.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Premier Cercle Index du Forum -> Ville Basse -> Taverne
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Odëssa
Patrons

Hors ligne

Inscrit le: 09 Fév 2010
Messages: 108

MessagePosté le: Mar 4 Mai - 12:10 (2010)    Sujet du message: Du sang et des dentelles. Répondre en citant

C'était à une époque où la majorité d'entre vous n'était probablement pas née. Une époque où l'Fléau n'avait pas ravagé les terres du Nord des Royaumes de l'est. Une époque où Quel'Thalas était grande. Une époque où moi j'étais gamine.
Pour les humains j'avais l'apparence d'une enfant de treize ans. Pour les miens j'en avais déjà plus de vingts.

J'sais pas comment ma soeur et moi on s'est r'trouvées dans cet orphelinat. Mais on y avait d'jà passé presque quinze années. On en avait vu défiler des enfants... Les mêmes questions revenaient : pourquoi nos yeux étaitent-ils étranges ? Pourquoi avions nous de longues oreilles ?
On était des Elfes Elenwë et moi, et bien sur on avait pas notre place au milieu des autres enfants. Mais la Directrice était bonne, et elle faisait tout son possible pour que les nôtres viennent nous récupérer. Mais les Hauts Elfes ne se mêlaient que très peu aux Humains, et lorsqu'ils le faisaient, ils se gardaient bien de rendre visite au petit peuple.

Pourtant un couple est venu un jour. Ils ont pris ma soeur. J'me suis sauvée pour la retrouver. J'ai jamais réussis.

C'est comme ça que tout a commencé. La rue, la faim, la galère. J'avais vite compris que les gens étaient pas habitués aux Elfes encore. Ils savaient qu'on existait mais ils en voyait pas souvent dans les ruelles boueuses. Tu m'étonne... J'ai commencé à voler pour manger, pour m'habiller. J'me f'sais souvent mal, mais j'm'habituais. Fallait bien, chialer ça m'aurait pas remplit l'estomac. De l'argent je savais c'que c'était mais j'en avais jamais vu. J'en avais jamais eu, normal ! Mais j'savais qu'avec ça on avait plus de nourriture, et qu'on avait pas b'soin de se prendre des coups de bâtons pour un peu de pain et une pomme. Alors j'me suis mise à piquer les pièces. J'avais repéré que les humains les mieux habillés en avaient souvent le plus. Les gros aussi. Les gens qui avaient la peau lisse et qui regardaient les autres de haut.
Fallait attendre la nuit, c'était plus facile. Surtout près de la maison.

La maison...C'était dans une rue un peu sombre. La lumière qui passait par les fenètre donnait une couleur un peu dorée au chemin et au mur en face. Là bas le soir, les riches se donnaient rendez vous. Souvent ils sortaient contents et bourrés. Parfois ils arrivaient bourrés tout court. C'était là que moi j'intervenais. Des petites mains fines, personne les sentaient. Et j'me f'sais du blé comme ça.

Sauf que le patron de la maison il a fini par se poser des questions. Normal, les clients arrivaient sans bourse ! Il m'a guetté un soir, et il m'a attrapé en train d'essayer de prendre l'argent d'un habitué. J'ai hurlé et j'me suis débattu, mais il était trop fort. Trop gras. J'sens encore l'odeur de la sueur et son haleine fétide quand il m'a geulé d'ssus. Il m'a foutu une sacrée tannée ce soir là, même que j'en ai perdu connaissance.

Quand j'me suis réveillée j'étais dans une chambre. J'avais mal partout. y'avait une bougie qui illuminait à peine la pièce, et moi j'étais dans le lit. Ca sentait bon...J'ai voulu m'lever mais j'ai pas réussis. J'ai sentis que ma jambe était cassée. J'me suis rendormis aussitôt.
Au matin - j'savais que c'était l'matin à cause de la lumière qui passait par les volets- j'ai ouvert les yeux à nouveau. C'est là que je l'ai vu. Sarah...Elle était allongée près d'moi, elle dormait. C'était une jeune femme, la plus belle que j'ai jamais vu...C'était elle qui sentait bon, c'était elle que j'avais sentis la première fois. Elle avait l'air d'avoir la peau si douce que j'ai voulu la toucher. Maladroite comme j'étais je l'ai réveillé... Elle m'a souris, m'a demandé comment j'allais... Elle m'a expliqué qu'elle m'avait soigné et que je devais rester là. Que si le Patron -c'était comme ça que tout le monde l'appelait- me trouvait il serait fou de rage. Elle m'a d'mandé d'pas sortir, de l'attendre, qu'elle me ramenerait à manger, à boire, des vêtements, que j'allais guerir...

J'ai fais comme elle m'avait demandé. pendant plusieurs mois. Ma jambe a guéri, et je restais enfermée dans cette chambre. Je m'ennuyais parfois, mais j'avais trop peur de sortir. Et puis là, j'étais au chaud, j'avais pas b'soin de voler, juste à attendre Sarah. C'était un bordel là où j'étais mais j'étais trop jeune pour le comprendre et puis moi je savais pas. J'avais entendu d'autres filles, je savais qu'il y en avait qui vivaient là, comme Sarah. Le soir j'entendais des rires, des discussions, des bruits bizarres parfois.

Mais le patron, pas con, a fini par découvrir que j'étais là. Il a pété les plombs. Il a voulu me chopper. Sarah l'en a empêché. Elle m'a crié de fuir, ce que j'ai fait. Par la fenêtre. Je suis montée sur le toit. Le patron me suivait. Les filles sont sortit dans la rue. Je les voyais toute petites d'en haut. Le Patron avait du mal a me rattraper. J'étais petite, fine et agile. Il était lent, gros et il a glissé. Elles ont hurlé quand il est tombé.

A partir de là c'est Sarah qui est devenu la patronne de la maison. J'avais le droit de sortir la journée, mais pas la nuit. Elle voulait que je reste dans la chambre. Mais moi je voulais voir. Le patron était plus là, alors je comprenais pas pourquoi je devais me cacher. Elle me disait que c'est parceque j'étais une elfe et que si on me voyait là on viendrait me chercher pour m'emmener. C'était pour me faire peur bien entendu, mais moi j'y croyais. J'avais tellement pas envie qu'on m'enlève à Sarah...

Pourtant je suis sortis un soir. J'ai vu les filles en bas. Certaines étaient nues. y'avait des types aussi, du vin, des cigares...Ils riaient tous, ils avaient l'air heureux. Certaines étaient encore habillées. Elles avaient de belles robes, du maquillage... Les hommes les embrassaient, les caressaient. Ca avait l'air bien. Je voulais être comme ça moi aussi. Je voulais goûter à ce bonheur, rire avec eux. Etre belle. J'ai cherché Sarah. Je voulais lui demander de me faire comme elles. Je l'ai entendu rire dans une chambre, j'y suis allée. J'ai entrouvert la porte pour regarder. Elle était nue, sur un homme, en train de sautiller. Le type s'est redressé, je me suis cachée. Il a mordu Sarah dans le cou elle a fait "Aïe". J'ai cru qu'il lui avait fait du mal, alors je suis rentrée et j'ai sauté sur le type pour le griffer. Il a poussé un cri, Sarah aussi.

Il était pas content de mon intrusion et il a bien braillé avant de partir. J'ai cru que Sarah allait m'engueuler, mais elle a dit "Bof, de toute façon il baisait mal". J'ai pas compris sur le coup, mais si Sarah était pas fâchée, c'est que j'avais pas fait de bêtises. Elle m'a sourit, et elle m'a ramené dans la chambre. Je lui ait dit que je voulais être belle moi aussi et m'amuser comme elles faisaient. Elle a rit, en disant que j'étais trop jeune. Mais elle a accepté de me faire belle.

Le lendemain dans la journée, Sarah et les filles se sont amusées à me mettre une robe, à me coiffer, à me maquiller...J'étais leur petite poupée, elles m'aimaient et moi aussi...Quand je me suis vu dans le miroir, j'étais...belle. Je sentais bon, j'avais l'air plus vieille. Comme une humaine de 17 ans. Le soir, je servais le vin aux hommes. Les filles veillaient à ce qu'ils me fassent rien en attirant leur attention.

J'ai vécu comme ça plusieurs années, avec les filles...J'étais bien.
Puis est arrivée Juliette.
Juliette, c'était une peste, méchante... Elle arrêtait pas de chercher des noises à tout l'monde, elle était râleuse et égoïste. Elle se battait tout le temps avec les autres filles. Elles faisant même exprès de les griffer et de les frapper pour qu'elles puissent pas travailler. Personne voulait d'une fille avec un coquart ou une balafre. Du coup Juliette récupérait pas mal de types et à ce titre elle voulait plus d'argent que les autres. C'était une source d'ennuis cette fille...

[A suivre]


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 4 Mai - 12:10 (2010)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Odëssa
Patrons

Hors ligne

Inscrit le: 09 Fév 2010
Messages: 108

MessagePosté le: Mar 4 Mai - 16:51 (2010)    Sujet du message: Du sang et des dentelles. Répondre en citant

Le pire c'est que Juliette a commencé à être jalouse de moi... De MOI ! J'm'étais pas rendu compte que le temps avait passé... Je ressemblais d'avantage à une jeune femme qu'à une gamine, et les types qui v'naient l'soir commençaient à plus vouloir se contenter que je leur serve du vin. Et Juliette le supportait pas. Moi, naîve, je remarquais rien, parceque les filles continuaient de me préserver. Sarah aussi, même si elle "travaillait" plus. Elle avait prit quelques années, et elle laissait surtout ça aux jeunes.

Un jour, Juliette a voulu m'emm'ner au Marché. Ca m'avait surprise sur le coup, parcequ'elle passait d'avantage son temps à m'pourir qu'à être gentille. En plus elle m'avait même prété une robe. "Pour que tu sois encore plus jolie" qu'elle avait dit. J'ai fais confiance...Idiote.

Elle m'a emmené dans une maison, dans les beaux quartiers. On était passé par derrière. Elle avait dit qu'on venait voir un ami à elle vite fait avant d'aller au Marché. J'comprennais pas trop pourquoi fallait pas faire de bruit. On était chez un ami non ? Elle m'a faite monter dans une chambre. Elle a fermé la porte. J'ai voulu ouvrir, j'étais enfermée. Derrière moi, j'ai sentis un souffle. J'me suis r'tournée. Y'avait un type, je l'avais déjà vu, chez les filles... Il m'a carressé le visage, les ch'veux... J'avais peur, j'me collais contre la porte.... Le cou, puis les seins. J'ai crié, il a posé sa main sur ma bouche. Il disait que j'étais belle, désirable. J'me suis débattu, mais il était trop fort. Il a commencé à déchirer la robe, à me tirer vers le lit. Je l'ai mordu, et j'suis allée à l'autre bout de la chambre. En passant j'ai vu qu'il avait un coupe papier sur son bureau. Je suis allé le prendre. Il se marrait de me voir résister. Il a moins rit quand j'l'ai planté. Un coup, dans le bras. J'ai réussi à m'sauver par une autre porte qui donnait sur un salon.
Et j'ai courru jusqu'à la Maison.

Juliette m'avait vendu. Cupide comme elle était, elle avait voulu se faire du fric sur moi, la petite vierge. J'en avais la nausée. C'était pas c'que j'voulais. J'avais voulu ressembler aux filles de la Maison, parceque je voulais qu'on m'aime tout simplement. Je voulais qu'on m'embrasse, qu'on me flatte, qu'on rit avec moi. Juste partager ce bonheur qui m'avait fait envie. J'avais pas compris... Ce regard que c'type avait posé sur moi. C'était pas de l'amour, c'était du désir, c'était sale...et ça me rendait malheureuse.

J'ai raconté ce qui s'était passé à Sarah. Juliette s'est faite virer. De rage elle est rev'nu pour foutre le feu à la Maison. On a essayé d'éteindre l'incendie, on a demandé de l'aide dans la rue. Les autorités sont v'nu, nous ont aidé...Mais sitôt le feu éteind, ils ont voulu m'emmener. Juliette m'avait dénoncé avant de venir foutre le feu, pour l'agression sur le type. Elle s'était bien gardé de tout raconter...
Sarah et les filles les ont empêché de m'emener, elles m'ont hurler de m'enfuir. J'avais tellement peur que j'ai obéis. Pendant que je courrais j'ai regardé derrière moi. Ils les embarquaient, toutes.

J'étais toute seule, à nouveau... Peu de temps après , alors que j'errais dans les ruelles, j'ai vu un attroupement. J'me suis approchée, ils lisaient une affiche. J'ai d'mandé qu'on m'la lise. Ca disait qu'y'allait y avoir un châtiment en place publique le lendemain très tôt. Evidemment je savais qui on allait battre. J'étais au rendez vous. J'me suis faufilée à travers la foule qui était déjà là pour assister au "spectacle". Les filles étaient toutes là, attachées à des pillier en bois. Sarah aussi y était. Elles avaient l'air fatiguée, elles avaient le dos nus. Quand ils ont commencé à les fouetter, j'ai voulu me jeter vers elle pour arrêter ça, mais Sarah m'avait vu. J'ai lu dans ses yeux qu'elle voulait pas que je me fasse attraper. Elle était en train de souffrir à cause de moi, je devais pas me faire prendre sinon son sacrifice servait à rien. Le sien, et celui de toutes les filles... Elles ont crié, mais très vite, elles ont plus eu la force de le faire. Alors moi j'ai hurlé, et j'ai crié pour elle...

Quand ça a été terminé, tout le monde s'est dispersé. Ils les ont laissé là, j'ai attendu qu'y'ai plus personne pour m'approcher. J'ai supplié les passants de m'aider à les ramasser, toute seule, je pouvais pas. Personne m'a aidé. Ils nous r'gardaient comme si on était de la merde, avec dédain et mépris. Certains disaient même qu'elles avaient mérité ça.... Mérité ? Elles étaient coupables de quoi ? Quel mal elles avaient fait ? Elles avaient juste voulu me protéger, moi, qui n'était même pas de leur famille, de leur sang, de leur race ! C'était donc un crime que de m'aimer ?

Sarah est morte quelques jours plus tard d'avoir trop souffert. Et moi, j'ai plus jamais porté de robes.


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:04 (2018)    Sujet du message: Du sang et des dentelles.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Premier Cercle Index du Forum -> Ville Basse -> Taverne Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

Sauter vers:  


Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Chronicles phpBB2 theme by Jakob Persson (http://www.eddingschronicles.com). Stone textures by Patty Herford.